dimanche 24 mars 2013

Les sgraffites de Privat-Livemont




Privat-Livemont est un des artistes les plus important de l'Art Nouveau
Henri Privat-Livemont est né à Schaerbeek en 1861 et il restera toute sa vie profondément attaché à sa commune natale. Après avoir brillamment terminé ses études artistiques à l’Académie de Saint-Josse, l’une des plus réputées du Royaume en cette fin de XIXème siècle, il va brièvement séjourner à Paris. Il participera, entre autres, à la décoration de l’Hôtel de Ville de la Ville Lumière avant de revenir s’installer, définitivement cette fois, dans sa commune natale. Son talent d’illustrateur est vite reconnu et il connaît le succès grâce à ses affiches pour la cité balnéaire de Cabourg , l’absinthe  Robette ou encore le Cercle Artistique de Schaerbeek. L’Art Nouveau sera pour Privat-Livemont l’occasion de démontrer son talent et d’atteindre la célébrité. Il collabore avec de grands architectes bruxellois mais c’est avec Henri Jacobs qu’il va s’entendre le mieux.

Les motifs végétaux et les tons chauds
sont caractéristique de l'oeuvre de Privat-Livement
En 1902, l’architecte lui commande la réalisation du sgraffite sous corniche de son habitation personnelle, 9 avenue Maréchal Foch. Les tons chauds s’harmonisent aussi bien à la pierre qu’à la brique rouge tandis que les motifs végétaux  s’ordonnent par rapport à un axe vertical et rythment la façade. Pour les deux hommes, c’est le début d’une longue collaboration qui s’exprimera en particulier dans l’élaboration de nombreux groupes scolaires bruxellois. Il reste de nombreux sgraffites de Privat-Livemont à Schaerbeek. Certains sont en très bon état, comme on l’a vu dans l’école n°1, rue Josaphat. D’autres ont été superbement restaurés. Le 7 avenue Maréchal Foch ou le 20 rue Laude en sont deux magnifiques exemples

Entrelacs de figures végétales et d'un profil féminin
au dessus de la porte d'entrée du 20 rue Laude
Par contre, pour d’autres, la situation est catastrophique. J’aimerai attirer l’attention sur celui, particulièrement réussi, du 17 rue Vogler. Conçu en 1906 pour son neveu, le peintre Alfred Ruytinx, ce sgraffite sous corniche est de toute beauté et particulièrement bien intégré au dessin de la façade. Le personnage féminin principal repose sur une arcade de fenêtre. Il semblerait acquis que le modèle qui symbolise la peinture soit Vonnot Viollet, petite-fille illégitime de l’architecte Viollet-Le-Duc que Privat-Livemont aurait rencontré au Cercle Artistique de Schaerbeek.
 
Mal restauré, les tons de ce sgraffite exceptionnel par son format et son thème
s'affadissent jour après jour
Seulement voilà, il a été restauré en 1989 par un peintre qui croyait bien faire. Aujourd’hui, le support s’effrite et les couleurs s’effacent  tout doucement. Il faudrait entreprendre une restauration en profondeur et si on ne veut pas qu’il disparaisse à tout jamais.
 
Si on fait rien aujourd'hui, le pire est à craindre dans un avenir très proche
Les sgraffites font partie de ce qu’on appelle le « Petit Patrimoine ». Ils méritent d’être sauvegardés. La Région (et parfois la commune) vous offre de belles subventions si vous entreprenez des travaux de rénovation. Si vous vous sentez concerné, n’hésitez pas et allez vous renseigner au Centre d’Art Urbain, à l’intérieur des Halles de la place Saint-Géry. Un personnel compétent vous y accueillera avec le sourire et vous guidera pour obtenir toutes les primes auxquelles vous avez droit.




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