samedi 26 janvier 2013

L'école n°1 de la rue Josaphat


L'entrée de l'école communale N°1, 
rue de Jérusalem
Le groupe scolaire Josaphat est sans aucun doute un des plus beaux établissements scolaires de la Région Bruxelles-Capitale. On le doit à Henri Jacobs grâce à qui l'art-nouveau n'a pas été uniquement réservé aux riches bourgeois, commanditaires d'hôtels de maître luxueux.

Le flambeau de la libre pensée proclame fièrement 
l'intention laïque des édiles schaerbeekois

Henri Jacobs naît le 3 décembre 1864 à Saint-Josse-ten-Noode à deux pas de l'école communale dans laquelle son père était directeur. Dans sa jeunesse, il passera énormément de temps chez son oncle, architecte. De là vient peut-être sa vocation pour une architecture consacrée avant tout aux écoles et aux logements sociaux.
Sa carrière va commencer avec un coup d'éclat. En 1892, son projet intitulé «Plutôt la qualité que la quantité» remporte le concours d'architecture organisé par la commune de Laeken pour construire des maisons ouvrières. Séduites par le résultat, les mêmes autorités communales lui confieront deux ans plus tard la construction d'une école rue Thys-Van Ham. Ce sera la première et c'est un domaine dans lequel il va exceller. Partisan des théories de Victor Horta, il va réussir à concilier l'approche rationnelle du programme architectural de l'Ecole modèle et l'esthétique raffinée de l'art nouveau. Mais à la différence de Victor Horta qui ne se soucie pas du coût pour satisfaire le goût de ses riches clients, Jacobs travaille avec des matériaux industriels qu'il utilise bruts.

Les ferronneries art nouveau combinées aux sgraffites de Privat-Livemont 
font de cet ensemble scolaire une œuvre majeure de l'histoire de l'architecture

En 1907, la commune de Schaerbeek lui commande les plans de l'ambitieux centre scolaire n°1. Traversant de part en part l'îlot compris entre la rue Josaphat et la rue de la Ruche, le terrain accuse un dénivelé de 12 mètres. Jacobs va compenser cette déclivité par un ingénieux système de couloirs, de passerelles et d'escaliers. En jouant avec les différents niveaux, il va réussir à implanter un immense complexe qui pourra accueillir 1.000 élèves répartis entre l'école primaire, l'école d'éducation physique avec son gymnase et sa piscine, l'école d'industrie et de dessin, le tout complété par une bibliothèque accessible aux habitants du quartier.

L'Etude, manteau de cheminée de la bibliothèque,
 peint par Privat-Livemont

C'est une véritable usine du savoir que conçoit Henri Jacobs. Il veut insuffler le goût du bien et du beau. Aucun détail n'est négligé. Les pavements en carreaux de ciment coloré, la pierre de taille, la maçonnerie en briques apparentes des murs et des voussettes, les structures d'acier, les escaliers, les sgraffittes, les fresques, les mosaïques, les vitraux, les luminaires, l'ébénisterie, la fonte, le mobilier scolaire, l'éclairage font de cet ensemble une œuvre d'art total acquise à sa mission pédagogique.

L'école doit non seulement instruire 
mais donner aussi le sens du Bien et du Beau

En ce début du XXème siècle, les autorités communales de Schaerbeek ont les plus hautes exigences de qualité pour l'enseignement qu'elle prodigue. L'école doit permettre aux enfants d'acquérir la meilleure éducation possible afin qu'ils deviennent des citoyens instruits et qualifiés. Comme l'école est le seul moyen de leur garantir une prospérité future, les autorités communales jouent un rôle des plus actifs dans l'enseignement en investissant aussi bien dans les bâtiments que le corps professoral.

Huart-Hamoir, bourgmestre, Auguste Reyers échevin de l'instruction publique,
Louis Bertrand échevin des Finances,. Ils méritent qu'on se souviennent d'eux...
Aujourd'hui, quand on y réfléchit bien, c'est exactement la politique inverse qui est mise en place par nos ministres de l'enseignement avec leur «décret inscription». Au lieu d'investir dans les quartiers populaires, là où la demande est la plus pressante et la plus urgente, ils s'imaginent qu'envoyer les élèves des écoles des quartiers défavorisés dans les écoles des quartiers huppés va résoudre tous les problèmes. Comme s'il suffisait de déshabiller Pierre pour habiller Paul...


Ecole communale N° 1
Rue Josaphat, 229 – 241
1030 Schaerbeek

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